Un collectif lance une pétition pour un train direct entre Rognac et Aix

Après l’obtention d’une ligne de bus directe pour les lycéens de Miramas, le collectif pour la réouverture de la ligne ferroviaire Rognac–Aix a lancé une pétition. Objectif : obtenir un train direct vers Aix-en-Provence et faire de cet axe une brique du futur réseau express métropolitain.

Les voyageurs descendant du train en gare de Rognac ont été accueillis par des militants de la CGT, des cheminots et des représentants de plusieurs organisations politiques. Leur message tient en une phrase : « Un train direct pour aller à Aix. »


La pétition, lancée le jour même, entend prolonger une mobilisation qui a déjà obtenu un premier résultat concret : l’ouverture d’une ligne de bus directe entre Miramas et Aix-en-Provence, présentée lors d’un débat public de fin juin comme une « première victoire ». Pour les porteurs de la démarche, il s’agit désormais d’aller plus loin et de réclamer une solution ferroviaire durable.


Une jeunesse confrontée au mur des déplacements


À l’origine de la campagne, la situation des jeunes de Miramas souhaitant étudier à Aix-en-Provence. « Notre jeunesse fait face à un mur », résume Natacha Malet, secrétaire de la section PCF de Miramas, qui évoque un logement difficilement accessible et des trajets en bus pouvant atteindre une heure quinze à deux heures, avec changement à Salon-de-Provence ou à Marseille.


Le collectif estime que cette contrainte dépasse largement le seul cas des étudiants. La liaison Rognac–Aix relierait aussi les bassins d’emploi du pays d’Aix, notamment le pôle des Milles et la zone aéroportuaire, aux communes de l’Étang de Berre. Un argument régulièrement avancé par les élus et associations favorables à la réouverture.


Une infrastructure existante, un service absent


Le cœur de l’argumentaire tient dans un paradoxe : la ligne ferroviaire entre Aix-en-Provence et Rognac existe toujours, mais elle n’est plus ouverte aux voyageurs depuis 1939. Le trafic de fret y a toutefois subsisté, et la ligne avait même été utilisée pour des voyageurs en 2007, pendant des travaux sur l’axe Marseille–Aix.


Pour Pascal Surcouf, agent de circulation et syndiqué CGT Cheminots à Rognac, la question n’est donc pas de construire une infrastructure nouvelle : « La ligne existe, il ne manque que les trains. » Selon lui, la voie a été modernisée il y a quatre ans et serait en capacité d’accueillir un cadencement régulier.


Provencexpress défend depuis plusieurs années l’ouverture de cet axe aux voyageurs, dans une logique de RER métropolitain Aix–Marseille–Provence. Le collectif plaide notamment pour une desserte intégrant les gares et pôles d’échanges déjà réalisés ou en cours, dont Plan-d’Aillane, Gardanne, Simiane et Aix-centre.


Le fret comme levier


La reprise annoncée du trafic de fret constitue un marqueur important de la mobilisation. La ligne devrait accueillir de nouveau des circulations de marchandises, notamment pour acheminer du bois vers GazelEnergie, avec des travaux de mise aux normes attendus à partir de mai 2027.

Pour les militants, ce retour du fret pourrait servir de tremplin vers une ouverture aux voyageurs. La cohabitation entre les deux usages reste à organiser, mais elle est présentée comme techniquement envisageable.


Un dossier déjà étudié, mais resté en suspens


Le projet n’est pas nouveau. Des études d’avant-projet avaient été restituées en juin 2020, avec une hypothèse de desserte de deux trains par heure. Mais elles avaient soulevé des interrogations sur la pertinence socio-économique du projet et sur la capacité de la gare de Marseille-Saint-Charles à absorber une circulation supplémentaire. Fin 2021, le comité de pilotage avait décidé de ne pas poursuivre les études à ce stade.questions.


Le projet a néanmoins été de nouveau inscrit dans le contrat de plan État-région 2023-2027, et des études de faisabilité ont été lancées après sa signature. Les élus et associations demandent désormais un calendrier, un financement et une décision politique claire.


Vers un réseau express métropolitain


Pour Provencexpress, la réouverture de Rognac–Aix ne doit pas être envisagée comme une ligne isolée, mais comme un maillon d’un réseau express métropolitain capable de relier les territoires de l’Étang de Berre, du pays d’Aix et de Marseille. Les communes de la Basse-Vallée de l’Arc ont d’ailleurs demandé que la ligne soit intégrée à une étude du CEREMA sur les trains légers innovants, susceptibles d’offrir une solution moins coûteuse qu’une réouverture classique.


La pétition lancée à Rognac entend donc faire pression sur les collectivités, la Région Sud et l’État. Son message est simple : plutôt que de laisser une voie ferrée disponible à l’écart des mobilités quotidiennes, il s’agirait de l’ouvrir aux habitants, aux salariés, aux étudiants et aux voyageurs du quotidien.